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Comment convaincre votre direction que l’UX est un investissement ? Les arguments infaillibles pour débloquer votre budget UX.

Actualisé le 27 nov. 2025   |   Célestin Lebéhot   |   7 min de lecture

Tirelire cochon symbolisant le Budget UX

C'est un classique des réunions produit : vous arrivez armé de retours utilisateurs flagrants et d'une conviction inébranlable qu'une refonte est nécessaire. Pourtant, face à la direction, le mur se dresse invariablement. "C'est joli, mais est-ce prioritaire ?", "On verra au prochain trimestre", ou le redoutable "On n'a pas le budget pour du confort". Si ces phrases vous hantent, c'est probablement qu'il y a une erreur de traduction. Votre CEO ne se soucie pas de la loi de Fitts ou de l'espacement des pixels ; il se soucie de son cash et de son MRR/ARR. Votre CTO ne veut pas entendre parler d'émotion, mais de stabilité et de vélocité technique. Pour transformer l'UX en priorité stratégique, il va falloir changer de vocabulaire. Oubliez l'empathie une seconde, et sortons les fichiers Excel : voici comment prouver que ne pas investir dans l'UX coûte plus cher que de le faire.

Sommaire

Convaincre le CEO que l'UX n'est pas du confort, c'est de la gestion de risque

Si vous entrez dans le bureau de votre CEO en disant "Nos utilisateurs trouvent l'interface un peu triste", vous avez déjà perdu. Votre CEO gère un compte de résultat. Pour lui, chaque ligne de dépense doit justifier son existence par un revenu en face.

L'erreur fondamentale est de présenter l'UX comme une dépense de "confort" ou d'esthétique. La réalité est tout autre : une mauvaise UX est un passif financier. C'est une fuite de trésorerie invisible qui sabote les efforts de toute l'entreprise.

Voici comment recadrer le débat autour de deux piliers sacrés pour tout dirigeant de SaaS : l'Acquisition et la Rétention.

L'argument de l'Acquisition

Votre entreprise dépense probablement des sommes considérables en marketing (Ads, SEO, Salons) pour générer du trafic. C'est ce qu'on appelle le CAC (Coût d'Acquisition Client).

Mais que se passe-t-il une fois que ce prospect, chèrement acquis, arrive sur votre produit pour son essai gratuit ou sa démo ? S'il ne comprend pas votre proposition de valeur en moins de 30 secondes, s'il se perd dans un onboarding complexe, ou s'il ne trouve pas le bouton "Démarrer", il part.

Le constat est brutal :

Investir dans l'UX, ce n'est pas "faire joli". C'est optimiser le Taux de Conversion. C'est s'assurer que chaque euro dépensé en marketing a une chance réelle de se transformer en revenu. Si vous n'investissez pas dans l'UX, vous demandez à votre équipe marketing de remplir un seau percé. C'est inefficace, et financièrement irresponsable.

L'argument de la Rétention : Le coût exorbitant du Churn

Dans le modèle économique SaaS, la rentabilité ne se fait pas à la signature, elle se fait sur la durée (la LTV ou Lifetime Value). Le pire ennemi de votre CEO, c'est le Churn (le taux d'attrition).

Il existe deux types de churn :

  1. Le Churn structurel : Le client n'a plus besoin du produit (faillite, changement de métier). On ne peut rien y faire.
  2. Le Churn involontaire (ou frictionnel) : Le client a besoin du produit, mais il le quitte car il est trop frustrant, trop lent, ou trop complexe à utiliser au quotidien.

C'est sur ce deuxième point que l'UX est un levier financier direct. Un utilisateur frustré est un utilisateur qui cherche activement une alternative. Pire, c'est un utilisateur qui consomme les ressources de votre support client avant de partir.

Remplacer un client perdu coûte 5 à 25 fois plus cher que de le fidéliser. Investir dans un audit UX pour identifier et gommer les frictions, ce n'est pas une dépense, c'est une police d'assurance pour protéger votre ARR (Revenu Récurrent Annuel).

L'argument qui tue pour votre CTO :

"Aujourd'hui, nos développeurs passent environ 30% de leur temps sur du 'rework' ou de la maintenance liée à des interfaces mal comprises. En investissant dans une phase de prototypage UX en amont et un Design System, on ne ralentit pas le dev, on le sécurise. On récupère ce temps perdu pour shipper la roadmap plus vite et plus proprement."

Convaincre le CTO que l'UX n'est pas de la déco, c'est de la documentation

Si vous allez voir votre CTO avec des maquettes en disant "regarde comme c'est beau", il pensera immédiatement : "Combien de temps ça va me prendre à coder ?" et "Est-ce que ça va casser mon architecture ?".

Pour convaincre la technique, il faut présenter l'UX pour ce qu'elle est vraiment : une spécification technique visuelle.Une bonne UX ne ralentit pas les développeurs, elle les empêche de coder des fonctionnalités inutiles ou mal conçues qu'il faudra refaire trois mois plus tard.

La règle du 1-10-100 : Le coût exorbitant du "Rework"

C'est une règle bien connue dans le développement logiciel, mais souvent oubliée lors des arbitrages budgétaires :

L'UX est votre phase de déminage. Prototyper et tester une interface avant d'écrire la moindre ligne de code permet d'échouer vite et pour pas cher. Sans UX, vos développeurs ne codent pas, ils parient. Et quand ils perdent, c'est la roadmap technique qui prend six mois de retard à cause du "rework" (refaire ce qui a déjà été fait).

Le Design System : Accélérer la rapidité des développeurs

Beaucoup de CTO voient le Design comme une source de chaos : des couleurs hexadécimales qui changent à chaque écran, des marges aléatoires, du CSS "spaghetti" (ils sauront ce que ça veut dire). L'UX moderne apporte la réponse absolue à ce problème : le Design System.

Ce n'est pas une contrainte créative, c'est un outil de productivité. C'est une bibliothèque de composants (boutons, champs, tableaux) pré-validés et documentés.

Vendre l'UX au CTO, c'est lui vendre la fin de l'improvisation dans le front-end.

Réduire la charge du Support (et la déprime des devs)

Il n'y a rien de pire pour un développeur talentueux que de devoir arrêter de coder une nouvelle feature excitante pour corriger un bug mineur ou répondre à un ticket support de niveau 1 parce que l'utilisateur n'a pas compris comment exporter un PDF.

Une interface mal conçue génère du bruit. Ce bruit finit inévitablement dans le backlog de l'équipe technique sous forme de tickets de maintenance. Une meilleure UX = Moins de tickets support = Des développeurs concentrés sur l'innovation.

L'argument qui tue pour votre CTO :

"Aujourd'hui, nos développeurs passent environ 30% de leur temps sur du 'rework' ou de la maintenance liée à des interfaces mal comprises. En investissant dans une phase de prototypage UX en amont et un Design System, on ne ralentit pas le dev, on le sécurise. On récupère ce temps perdu pour shipper la roadmap plus vite et plus proprement."

La stratégie du "Cheval de Troie" : Comment demander le budget sans effrayer

Vous avez les arguments financiers pour le CEO et les arguments techniques pour le CTO (parfois les deux casquettes réunies). Vous êtes prêt(e). Mais attention : la façon dont vous allez demander le budget est aussi critique que les arguments eux-mêmes.

Si vous arrivez en demandant une enveloppe de 50k€ pour "tout refaire parce que l'existant est moche", vous allez vous heurter à un mur de scepticisme. Voici comment entrer par la petite porte pour finir par rénover toute la maison.

L'erreur à ne pas commettre : La refonte totale

C'est le piège classique. Vous voulez bien faire, alors vous proposez une "Refonte V2". Pour un décideur, le mot "Refonte" est terrifiant. Il est synonyme de :

Ne vendez jamais une révolution. Les entreprises logicielles détestent les révolutions : elles aiment l'évolution maîtrisée.

L'approche gagnante : L'Audit et le "Quick Win"

Au lieu de demander un mariage, demandez un premier rendez-vous. Proposez une approche expérimentale qui limite le risque financier et prouve la valeur rapidement.

La méthode en 3 temps :

  1. L'Audit UX : Ne demandez pas de budget de développement. Demandez un budget pour un audit externe ou une phase de recherche utilisateur. L'objectif est d'obtenir des preuves. C'est factuel, incontestable et peu coûteux.
  2. Le "Quick Win" (La preuve par l'exemple) : Identifiez UN parcours critique (ex: le tunnel d'inscription, la création d'un projet ou l'export d'un rapport). Redesignez ce flux spécifique, testez-le, et mesurez la différence.
  3. L'extension (Le déploiement) : Une fois que vous avez prouvé mathématiquement que l'UX rapporte de l'argent sur une page, demandez le budget pour le reste de l'application. Ce n'est plus une dépense, c'est un modèle prédictif de revenus.

L'argument qui tue pour valider le budget :

"Je ne vous demande pas de valider une refonte complète aujourd'hui. Je propose d'investir un montant limité sur un Audit et l'optimisation d'un seul écran critique : le tunnel d'inscription. Si nous prouvons que nous pouvons augmenter la conversion de 10% sur cet écran, nous financerons la suite du projet avec les gains générés. On commence petit, on mesure, et on avise."

Conclusion

Il est temps de changer de posture. Tant que vous défendrez l'UX avec des adjectifs ("intuitif", "moderne", "agréable"), vous serez perçu comme une source de dépenses.

Dès l'instant où vous utiliserez des noms ("Churn", "CAC", "Dette Technique"), vous serez perçu comme un partenaire stratégique.

Votre rôle n'est pas de rendre le logiciel "joli". Votre rôle est de réduire les frictions qui empêchent l'argent de rentrer (Ventes) et qui le font sortir trop vite (Tech). L'UX est le seul levier qui agit sur ces deux tableaux en même temps. Alors, rangez votre palette de couleurs pour la prochaine réunion, et sortez votre calculatrice.

Besoin de munitions pour votre prochaine réunion budgétaire ?

Nous avons l'habitude de parler aux CEO et aux CTO. Nous savons transformer des problèmes d'interface en opportunités de business.

Contactez merveilleUX pour un audit préliminaire : nous identifierons vos points de friction les plus coûteux et vous donnerons les arguments chiffrés pour transformer votre UX en moteur de croissance.

Et si votre UX était la cause de votre dette technique ? Accélérez vos sprints, pas vos frustrations.

Une interface mal pensée, c'est plus de complexité, plus de tickets support et des devs qui perdent du temps. Analysons ensemble comment un design intelligent peut alléger votre code, simplifier la vie de votre équipe et améliorer la performance globale.

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